Le monde des blogs, nouvelle tour de Babylone ?
Et si les blogs, plutôt qu’un nouveau moyens de communication, n’étaient qu’une nouvelle tour de Babyone? Et si mon blog n’était qu’une fuite vers la construction de choses abstraites ? Une altervative virtuelle à l’amour réelle ?
Je considère ce blog comme une expérience quelque peu littéraire. C’est pourquoi, hier soir, avant de m’endormir je décide spontanément d’ouvrir quelques livres, histoire de m’inspirer, de voir comment font les autres. Je lis un peu de poèsie chinoise, ou japonaise plutôt, dont je vous ferai part une prochaine fois. Quelquechose de très beau, et aussi de spirituel. Cette spiritualité zen si différente et éloignée, et pourtant si proche.
Mais ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui, c’est d’un auteur cannuck : Jack Kerouac, francophone américain, qui soit dit en passant écrivait pourtant bien en anglais. Bon, à l’époque je fumais beaucoup d’herbe, j’étais très jeune et ascétique, d’aucun aurait dit que j’avais quelque chose du Christ. Dans l’intimité, je parlais des choses spirituelles avec une telle assurance, que les gens écoutaient religieusement. Et moi même d’ajouter, “c’est moi qui parle, mais ça n’est pas moi” - je pensais être inspiré et sincèrement je pense que je l’étais. J’avais 19 ans, j’avais 20 ans, 21 ans au plus.
Hier soir, avec l’exaltation confuse de l’herbe en moins, le Kerouac je l’ai trouvé dispersé. Pour ceux d’entre vous qui ont suivi les épisodes astrologiques de la veille, je dirai un véritable natif du signe des poissons, impressionnable, émotif, sincère mais partant sans cesse dans des directions opposées. Certains se sentent à l’aise avec cette sorte de flou aquatique, mais pas moi. Malgré tout, ce truc de prose spontannée, ça devait faire trois ans que je n’en avais plus lue et je continue à bien aimer. D’ailleurs, de tous les écrivians Kerouac est sans doute celui qui a le plus profondément marqué mon style, la manière dont j’ai toujours voulu écrire. Je n’ai pas lu Sur la route, du moins je l’avais commencé deux fois mais je n’ai pas aimé. Et comme il avait l’aire plutôt imposant, près de 500 pages, j’avais abandonné. Ce n’était pas tellement l’idéal romantique du beatnik parcourant le monde sac au dos qui m’intéressait chez Kerouac, mais à travers 3 romans Satori à Paris, Mary Cassidy et Les Souterrains , j’ai trouvé la plus belle des alternatives à la poèsie : la prose spontannée, exactement ce que je cherchais.
Après 30 pages de lecture, je tombe sur un passage qui adolescent m’avais touché. A l’époque, je l’avais même utilisé dans un travail de philosophie au lycée - travail pour lequel, soit-dit en passant, j’avais eu une note moyenne.
Dix ans plus tard, bien des chose ont changés, et pourtant… J’ai bien peur de toujours courir après l’essence, de m’en aller faire de grandes guerres, et de construire des chose abstraites. Et si ce blog n’était qu’une nouvelle Tour de Babel ? Un son qui résonne dans l’immense confusion des hommes préférant le brouhaha au Silence, ce chef d’oeuvre de contemplation !
“Les hommes sont si fous, ils veulent l’essence, c’est la femme qui est l’essence, elle est là juste sous leur main, mais ils filent ériger de grandes constructions abstraites”
- Mardou à Léo dans Les Souterrains de Jack Kerouac

